Hier, je vous ai montré la face idyllique du voyage au pays des Maldiviens, mais, dans toute histoire, le plus
intéressant est certainement la partie obscure, le côté sombre de la Force, Darth Vador vs Maître Yoda, Luke, je suis ton père.
Or donc, après avoir été chahutés sur les flots, tel un cageot de poules que l'on balancerait aux crocodiles, à bord du bateau puis de l'hydravion en direction de Malé où nous
attendait l'Airbus 330 pour rentrer en Suisse, j'ai demandé à Lui de me donner un somnifère, une fois le plateau-repas englouti que l'on nous avait servi (trop
mangé, comme d'hab. Après réflexion, je n'aurais peut-être pas dû piquer l'Apfelstrudel de Lui et me contenter d'un seul dessert...).
Il faut savoir que les médicaments et moi, c'est rarement la réussite. Lui m'a suggéré de ne prendre qu'un demi-somnifère, vu mon petit gabarit, mais je lui ai répondu bien
crânement : "Fais péter et donne-m'en un entier, je suis une descendante fière et brave de Gengis Khan et mes collègues ne m'appellent pas
Attila pour rien".
Ainsi fut fait ou plutôt avalé.
Je me rappelle lui avoir dit : "Tu vois, je suis encore éveillée, aucun effet, ce somnifè...
zzzzz", puis après quelques heures, m'être levée en direction des commodités de l'avion, mue par un besoin pressant.
Sauf que...
Sauf que les gens étaient rouges, verts, roses fluo, comme passés au stabilo avec des reflets électriques. On aurait dit qu'ils étaient pop-artisés par Andy Warhol !
"Etrange, quel phénomène intéressant", me suis-je dit. J'étais stone, oui.
(c) Internet. Marilyn Monroe, Andy Warhol, 1967. Les
gens ressemblaient à Marilyn, sauf qu'ils n'avaient pas le même prénom ni la même tête. Et même que certains étaient des hommes.
Sauf que je me suis endormie sur le dossier du fauteuil de l'un des passagers avant même d'atteindre la porte des toilettes ! Lui s'est levé et a dû me porter pour me
ramener à mon siège, sous le regard éberlué de tous : "C'est qui cette junkie ?".
Sauf que j'ai vomi tout mon déjeuner dans les sacs prévus à cet effet (glamour toujours) avant de retourner aux toilettes avec l'aide de Lui qui m'a soutenue et
attendue derrière la porte pour veiller à ce que je ne m'endorme pas sur le trône.
Cet homme m'aime.
L'aspect positif de cette mésaventure, c'est que je me suis rendue compte que le travail d'hôtesse de l'air ne consiste pas uniquement à être sommelière multilingue dans un avion ni à
faire des démonstrations de sécurité en gonflant des gilets de sauvetage jaunes et fort peu seyants, dont personne n'a rien à cirer. Une hôtesse de l'air est aussi formée pour soulager
les personnes malades et veiller à leur confort. L'une d'elles m'a apporté une tisane à la camomille ainsi qu'une grande bouteille d'Evian bouillante, emmaillotée dans une serviette en
tissu, à appliquer sur le ventre en guise de bouillote. J'avais chaud, j'étais bien et je me suis endormie jusqu'à l'arrivée. Et quand elles ont distribué des biberlis, petits gâteaux
fourrés à la pâte d'amande, c'était le bonheur !
En tous cas, OUI, Lui doit être bien amoureux de toi!
Bisous
Il a l'air sympa ce voyage mais arrête la drogue. C'est mal. Même le paracétamol c'est mal!